Les jeunes immigrants sont confrontés à des lacunes persistantes en matière de certification des métiers au Canada, selon Statistique Canada




Sur cette page, vous trouverez

  • Ce que révèle l’étude de Statistique Canada
  • Pourquoi la certification d’apprentissage est importante
  • Comment les enfants immigrants se comparent aux apprentis nés au Canada
  • Quels métiers présentent les plus grandes lacunes en matière de certification
  • Pourquoi le revenu, les conditions de travail et l’origine immigrante sont importants
  • Ce que les résultats signifient pour la pénurie de métiers spécialisés au Canada

Le Canada a besoin de plus de travailleurs qualifiés, mais une nouvelle étude de Statistique Canada montre que certains jeunes immigrants qui entrent en apprentissage se heurtent à des obstacles persistants sur le chemin de la certification.

Le rapport, publié le 27 mai 2026, révèle que les apprentis arrivés au Canada lorsqu’ils étaient enfants étaient moins susceptibles de devenir des compagnons certifiés que les apprentis nés au Canada, même après que les chercheurs aient pris en compte l’âge, le sexe, la région, le revenu, les conditions de travail et les caractéristiques du programme.

L’étude, intitulée Devenir compagnons : Une étude comparative des enfants apprentis immigrants et des apprentis nés au Canada, de l’inscription à la certificationa examiné les apprentis inscrits entre 2008 et 2015 et a suivi leurs résultats jusqu’en 2023.

Cela survient alors que le Canada continue de faire face à une demande à long terme de travailleurs de métier dans les secteurs de la construction, de la fabrication, des infrastructures, du logement et des secteurs connexes.

Qu’est-ce qu’un apprenti immigrant en enfance ?

Statistique Canada définit les immigrants enfants comme des personnes admises au Canada avant l’âge de 18 ans.

Ces personnes diffèrent des immigrants adultes parce que bon nombre d’entre elles reçoivent une partie ou la totalité de leurs études au Canada. En conséquence, ils peuvent éviter certains des obstacles auxquels sont confrontés les nouveaux arrivants adultes, comme la reconnaissance des titres de compétences étrangers.

Cependant, la nouvelle étude montre que les enfants immigrants sont toujours confrontés à des défis lorsqu’ils entrent dans le système d’apprentissage du Canada.

Dans les huit cohortes d’apprentissage étudiées, les enfants immigrants représentaient environ 4 à 5 pour cent des apprentis nouvellement inscrits. Les apprentis nés au Canada représentaient les 95 à 96 pour cent restants.

Pourquoi la certification des métiers est importante

La formation en apprentissage joue un rôle central dans le système des métiers spécialisés du Canada.

Pour devenir un compagnon certifié, un apprenti doit généralement suivre une formation rémunérée en cours d’emploi, un enseignement technique en classe et un ou plusieurs examens.

La certification est importante car elle peut débloquer des salaires plus élevés, de meilleurs avantages sociaux et un emploi à long terme plus stable.

Statistique Canada a noté que les apprentis qui terminent leur certification gagnent souvent de solides revenus. Une étude antérieure a révélé que le revenu d’emploi deux ans après l’obtention du diplôme était plus élevé pour les apprentis que pour les titulaires d’un diplôme de premier cycle.

Cela fait de l’apprentissage une voie potentiellement intéressante tant pour les jeunes immigrants que pour les travailleurs nés au Canada.

Les immigrants enfants sont moins susceptibles d’obtenir leur certification

L’étude a révélé que les apprentis immigrants enfants étaient systématiquement moins susceptibles que les apprentis nés au Canada d’obtenir une certification.

La plupart des apprentis, quelle que soit leur origine, ont mis plus de temps que la durée prévue du programme pour obtenir leur certification. Dans l’ensemble des cohortes, environ 16 à 25 pour cent ont obtenu leur certification pendant la durée prévue du programme. Ce chiffre est passé à environ 33 à 45 pour cent lorsque Statistique Canada a mesuré la certification sur une durée deux fois supérieure au programme.

Mais des lacunes subsistaient.

Par exemple, parmi la cohorte d’inscription de 2009, 16 pour cent des enfants immigrants ont obtenu leur certificat dans les délais prévus, comparativement à 22 pour cent des apprentis nés au Canada.

En deux fois la durée du programme, 33 pour cent des enfants immigrants de la cohorte de 2009 ont obtenu leur diplôme, comparativement à 42 pour cent des apprentis nés au Canada.

Les immigrants enfants étaient également plus susceptibles d’abandonner leurs programmes d’apprentissage.

Les plus grandes lacunes observées dans plusieurs métiers

Les lacunes en matière de certification variaient selon les métiers.

Statistique Canada a constaté que les enfants immigrants étaient beaucoup moins susceptibles d’obtenir un certificat dans 8 des 19 métiers examinés.

Les écarts les plus importants concernaient :

  • Ébénistes – 15 points de pourcentage
  • Charpentiers – 14 points de pourcentage
  • Tôliers – 10 points de pourcentage
  • Coiffeurs et barbiers – 9 points de pourcentage

Des écarts modérés, d’environ cinq points de pourcentage, sont également apparus entre :

  • Mécanique d’équipement lourd
  • Plombiers
  • Électriciens, à l’exception des électriciens industriels et des réseaux électriques
  • Mécanique en chauffage, réfrigération et climatisation

Ces résultats montrent que la problématique ne touche pas tous les métiers de la même manière.

L’écart se réduit mais ne disparaît pas

Statistique Canada a utilisé des modèles de régression pour examiner si des facteurs observables expliquaient la différence dans les taux de certification.

Au début, les apprentis immigrants enfants étaient environ cinq points de pourcentage moins susceptibles que les apprentis nés au Canada d’obtenir une certification après avoir tenu compte des facteurs sociodémographiques.

Lorsque le modèle incluait également les caractéristiques du revenu, de l’emploi et du programme, l’écart tombait à environ trois points de pourcentage.

Cela signifie qu’une partie de l’écart peut être expliquée par des facteurs mesurables, mais pas la totalité.

Dans l’ensemble, Statistique Canada a constaté que les caractéristiques observables expliquaient environ un tiers de la disparité en matière de certification. Les deux tiers restants étaient inexpliqués, ce qui suggère que d’autres facteurs peuvent également influencer les résultats.

Ceux-ci pourraient inclure l’accès aux réseaux, aux relations avec les employeurs, aux soutiens locaux en matière de formation, à la discrimination, aux attentes familiales ou à d’autres obstacles non pris en compte dans les données.

Le revenu et les conditions de travail sont importants

L’étude a révélé un lien évident entre le revenu, les conditions de travail et la certification.

Les apprentis gagnant moins de 15 000 $ au cours de l’année d’inscription étaient 17 points de pourcentage moins susceptibles d’obtenir une certification que ceux gagnant entre 15 000 $ et 29 999 $.

Les apprentis ayant un revenu d’emploi plus élevé étaient plus susceptibles d’obtenir un certificat.

D’autres mesures de soutien en milieu de travail étaient également importantes. Les apprentis étaient plus susceptibles d’obtenir une certification s’ils :

  • Adhésion syndicale
  • Un régime de pension agréé
  • Prestations d’assurance-emploi
  • Crédits pour la formation pré-inscription

Les crédits de pré-inscription étaient particulièrement étroitement associés à la certification. Les apprentis bénéficiant de ces crédits étaient 13 points de pourcentage plus susceptibles d’obtenir un certificat que ceux qui n’en disposaient pas.

Ces résultats suggèrent qu’un emploi stable, un attachement plus fort au travail et un accès à des soutiens à la formation peuvent aider les apprentis à terminer leurs programmes.

Les antécédents d’immigration façonnent également les résultats

Parmi les enfants immigrants, Statistique Canada a constaté que l’âge à l’arrivée et les antécédents d’immigration influençaient les résultats en matière de certification.

Les immigrants enfants arrivés au Canada à l’adolescence, entre 13 et 17 ans, étaient trois points de pourcentage moins susceptibles d’obtenir un certificat que ceux arrivés avant l’âge de cinq ans.

La région source comptait également. Comparés aux enfants immigrés d’Asie, ceux d’Europe étaient plus susceptibles d’obtenir un certificat, tandis que ceux d’Afrique l’étaient moins.

La classe d’immigration parentale a également montré un lien.

Comparativement aux enfants immigrants dont les parents ont suivi des programmes de travailleurs :

  • Les enfants des immigrants du Programme des candidats des provinces étaient plus susceptibles d’obtenir un certificat
  • Les enfants d’immigrants parrainés par leur famille étaient moins susceptibles d’obtenir un certificat
  • Les enfants de réfugiés étaient moins susceptibles de certifier

Cela suggère que les premières expériences d’établissement, les ressources familiales et les réseaux sociaux locaux peuvent influencer la décision des jeunes immigrants de terminer leur apprentissage.

Pourquoi c’est important pour le Canada

Le Canada a fait des métiers spécialisés une priorité majeure du marché du travail.

Le pays a besoin de travailleurs de métier pour construire des maisons, entretenir les infrastructures, soutenir le secteur manufacturier et remplacer les travailleurs âgés qui prennent leur retraite.

L’immigration joue déjà un rôle important dans la lutte contre les pénuries de main-d’œuvre. Mais ce rapport montre que le simple fait d’amener des familles immigrantes au Canada ne suffit pas à garantir un accès égal à la réussite dans les métiers.

Si les enfants immigrants entrent dans des programmes d’apprentissage mais obtiennent leur certification à des taux inférieurs, le Canada risque de perdre des travailleurs qualifiés qui sont déjà dans le pays, déjà formés en partie et déjà connectés au marché du travail.

Cela est important à une époque où le Canada a besoin de plus de travailleurs certifiés, et non de moins.

Ce que suggèrent les résultats

Le rapport souligne la nécessité d’un soutien plus important avant et pendant la formation en apprentissage.

Les gouvernements, les employeurs, les syndicats, les écoles et les organismes d’établissement pourraient apporter leur aide en améliorant :

  • Orientation professionnelle sur les métiers pour les jeunes immigrants
  • Accès aux employeurs d’apprentissage
  • Soutien financier pendant la formation
  • Mentorat par des artisans certifiés
  • Connaissance du Sceau rouge et des parcours de certification
  • Aide aux étudiants qui arrivent au Canada pendant l’adolescence
  • Soutiens aux jeunes réfugiés et immigrants parrainés par une famille

Les résultats suggèrent également que la politique d’apprentissage ne devrait pas se concentrer uniquement sur le recrutement. L’achèvement compte tout autant.

Un guide pour la future politique d’immigration et de travail

L’étude ne suggère pas que les enfants immigrants n’ont pas la capacité de réussir dans les métiers spécialisés.

Cela montre plutôt que leur parcours vers la certification peut être plus difficile, même s’ils grandissent au Canada et se forment dans le système canadien.

Pour le Canada, cela devrait être un avertissement et une opportunité.

Alors que le pays tente de combler les pénuries de métiers, il doit mieux utiliser les talents déjà présents dans les communautés immigrantes. Aider davantage d’enfants immigrants à terminer leur apprentissage pourrait soutenir la construction de logements, le développement des infrastructures et la croissance économique à long terme.

Cela pourrait également permettre à davantage de jeunes immigrants d’accéder à des carrières stables et bien rémunérées.


Foire aux questions

Que révèle le rapport de Statistique Canada?

Le rapport révèle que les apprentis arrivés au Canada lorsqu’ils étaient enfants étaient moins susceptibles d’obtenir un certificat de métier que les apprentis nés au Canada. L’écart persistait même après que les chercheurs aient pris en compte des facteurs tels que l’âge, le sexe, la région, le revenu, les conditions d’emploi et les caractéristiques des programmes d’apprentissage.

Pourquoi la certification d’apprentissage est-elle importante ?

La certification aide les apprentis à devenir des compagnons et à accéder à l’intégralité des salaires, des avantages sociaux et des opportunités de carrière liés à leur métier. Cela est particulièrement important dans des secteurs comme la construction, la fabrication, le logement et les infrastructures, où le Canada fait face à une demande constante de travailleurs qualifiés.

Quels métiers présentaient les plus grandes lacunes en matière de certification ?

Les écarts les plus importants sont apparus parmi les ébénistes, les charpentiers, les tôliers ainsi que les coiffeurs et barbiers. Des écarts modérés sont également apparus parmi les plombiers, les mécaniciens d’équipement lourd, les électriciens et les mécaniciens en chauffage, réfrigération et climatisation.

Pourquoi les apprentis immigrants enfants sont-ils moins susceptibles d’obtenir un certificat ?

Statistique Canada a constaté que le revenu, les conditions d’emploi, les programmes de soutien et l’origine immigrante jouaient tous un rôle. Les apprentis ayant un revenu plus faible, moins d’avantages sociaux ou des soutiens à la formation plus faibles étaient moins susceptibles d’obtenir une certification. L’âge à l’arrivée, la région d’origine et la classe d’immigration des parents ont également influencé les résultats.

Qu’est-ce que cela signifie pour les pénuries de main-d’œuvre au Canada?

Le Canada a besoin de plus de gens de métier certifiés pour soutenir le logement, les infrastructures et la croissance économique. Si les apprentis immigrants enfants abandonnent leurs programmes à un taux plus élevé, le Canada pourrait perdre des travailleurs qui pourraient contribuer à combler ces pénuries. Un meilleur soutien pendant la formation pourrait améliorer les résultats et renforcer la main-d’œuvre des métiers spécialisés.



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