Sur cette page, vous trouverez
- Les changements proposés par le Québec concernant l’accès aux garderies subventionnées
- Qui sera prioritaire dans le nouveau système
- Comment la décision de la Cour suprême a affecté la politique du Québec
- L’approche élargie du gouvernement caquiste en matière d’immigration
- Ce que les changements pourraient signifier pour les nouveaux arrivants au Québec
- Questions fréquemment posées
Le Québec prévoit accorder un accès prioritaire aux places en garderie subventionnées aux Québécois, aux résidents permanents et à certains travailleurs étrangers en vertu du nouveau règlement proposé annoncé par le gouvernement provincial.
Cette décision fait suite à un récent jugement de la Cour suprême du Canada selon lequel le Québec ne pouvait pas exclure les enfants de demandeurs d’asile de l’accès à des services de garde subventionnés.
Selon un article de La Presse canadienne, la ministre québécoise de la Famille, Catherine Blouin, a déclaré que le gouvernement présenterait bientôt un projet de règlement qui créerait un système de priorité plutôt qu’une exclusion pure et simple.
Selon le cadre proposé, le Québec diviserait les candidats en deux catégories.
Le premier groupe comprendrait les résidents du Québec, les résidents permanents et les travailleurs étrangers titulaires d’un permis de travail fermé. Ces familles bénéficieraient d’un accès prioritaire aux places disponibles en garderie subventionnée.
Un deuxième groupe comprendrait les demandeurs d’asile, les titulaires de permis de travail ouverts et les étudiants internationaux ne bénéficiant pas de bourses. Ces familles resteraient admissibles à une garderie subventionnée, mais ne se verraient offrir des places qu’une fois que les demandeurs prioritaires auraient été hébergés.
Blouin a décrit la proposition comme une réponse pratique à la décision de la Cour suprême.
« Nous ne les excluons pas », a-t-elle déclaré aux journalistes à l’Assemblée nationale. «Nous allons leur offrir des places tout en donnant la priorité aux familles québécoises.»
La Cour suprême oblige le Québec à reconsidérer sa position antérieure
Cette annonce intervient après que la Cour suprême a statué que le Québec ne pouvait pas refuser l’accès à une garderie subventionnée uniquement parce que les parents d’un enfant demandaient l’asile au Canada.
La décision a renversé la politique précédente du Québec, qui restreignait l’accès au système de garde d’enfants hautement subventionné de la province.
Le réseau de garderies du Québec est largement considéré comme l’un des plus généreux au Canada, offrant des services de garde à des tarifs journaliers fortement réduits par rapport à de nombreuses autres provinces.
La province a fait valoir que la capacité limitée des garderies l’obligeait à donner la priorité aux familles plus solidement établies au Québec. La Cour suprême a conclu qu’une exclusion générale des demandeurs d’asile n’était pas légalement justifiée.
La nouvelle proposition tente de préserver la capacité du Québec à prioriser certaines familles tout en restant conforme à la décision de la Cour.
Fait partie d’une stratégie d’immigration plus large de la CAQ
L’annonce de la garderie s’inscrit dans l’approche plus large en matière d’immigration adoptée par la Coalition Avenir Québec (CAQ) au pouvoir.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2018, la CAQ a toujours soutenu que le Québec devait mieux gérer les niveaux d’immigration et assurer l’intégration réussie des nouveaux arrivants dans la société francophone.
Le gouvernement a fréquemment lié la politique d’immigration au logement, aux services publics, aux soins de santé et à la capacité d’éducation.
Au cours des dernières années, la CAQ a réduit ses objectifs en matière d’immigration, introduit de nouvelles exigences en matière de langue française et a demandé à plusieurs reprises à Ottawa de réduire le nombre de résidents temporaires vivant au Québec.
Le gouvernement s’est également dit préoccupé par les pressions croissantes sur les services publics, particulièrement à Montréal et dans d’autres grands centres urbains.
La proposition de garderie reflète cette philosophie plus large en donnant la priorité à l’accès à un service financé par l’État pour les familles considérées comme établies de manière plus permanente au Québec.
Le Québec continue d’équilibrer les besoins économiques et les contrôles d’immigration
Malgré l’accent mis sur la réduction de la pression sur les services publics, le Québec a également pris des mesures pour remédier aux pénuries de main-d’œuvre et retenir les travailleurs qualifiés.
Notamment, la province a récemment confirmé la réouverture du Programme de l’expérience québécoise, connu sous le nom de PEQ, pour une période de deux ans.
Le PEQ est historiquement l’un des chemins les plus rapides vers la résidence permanente au Québec pour les étudiants internationaux et les travailleurs étrangers temporaires admissibles.
La décision de relancer le programme est intervenue après des mois d’incertitude et a été bien accueillie par les employeurs, les établissements d’enseignement et les intervenants en immigration, qui ont fait valoir que le Québec avait besoin de voies efficaces pour retenir les travailleurs qui contribuent déjà à l’économie provinciale.
La réouverture met en évidence le numéro d’équilibriste auquel est confronté le gouvernement caquiste. Alors que le Québec continue de chercher à contrôler plus étroitement l’immigration et l’accès aux services publics, il reconnaît également l’importance d’attirer et de retenir les travailleurs nécessaires pour soutenir la croissance économique.
L’opposition critique le nouveau système de priorités
La proposition a suscité des critiques de la part des partis d’opposition.
Québec Solidaire a accusé le gouvernement d’avoir créé ce qu’il décrit comme un nouveau système de loterie pour les places en garderie tout en détournant l’attention des pénuries de longue date dans le réseau des services de garde au Québec.
Le parti a fait valoir que la province ne serait pas confrontée aux mêmes pressions si elle avait augmenté la capacité des garderies de manière plus agressive.
La première ministre Christine Fréchette a néanmoins exprimé son soutien à la proposition, affirmant qu’elle répond aux inquiétudes des Québécois quant à l’accès aux places en garderie pour les familles établies dans la province.
Le projet de règlement devrait être introduit dans les semaines à venir et déterminera le fonctionnement pratique du nouveau système de priorité.
Pour les nouveaux arrivants qui envisagent le Québec, la proposition constitue un autre exemple de la façon dont le statut d’immigration peut influencer l’accès aux programmes et services provinciaux, même lorsque l’admissibilité reste accessible à tous les groupes.
Foire aux questions
Qui bénéficierait d’un accès prioritaire aux garderies subventionnées selon la proposition du Québec ?
Québec prévoit donner la priorité aux places en garderie pour les résidents du Québec, les résidents permanents et les travailleurs étrangers titulaires d’un permis de travail fermé. Ces groupes bénéficieraient d’un accès avant les demandeurs d’asile, les titulaires de permis de travail ouvert et de nombreux étudiants internationaux, même si tous les groupes resteraient éligibles à une garderie subventionnée.
Les demandeurs d’asile pourront-ils toujours accéder à des garderies subventionnées ?
Oui. La décision de la Cour suprême signifie que le Québec ne peut pas exclure complètement les demandeurs d’asile des garderies subventionnées. En vertu des réglementations proposées, les demandeurs d’asile seraient toujours éligibles, mais n’y auraient accès qu’une fois que les demandeurs prioritaires auront été hébergés.
Pourquoi le Québec change-t-il sa politique en matière de garderies ?
La province répond à une décision de la Cour suprême du Canada qui a annulé sa précédente exclusion des demandeurs d’asile des garderies subventionnées. La nouvelle proposition vise à se conformer à la décision tout en donnant la préférence aux familles considérées comme établies de manière plus permanente au Québec.
Comment cela s’inscrit-il dans la politique d’immigration plus large du Québec ?
Le gouvernement caquiste a toujours mis l’accent sur la gestion des niveaux d’immigration, la protection des services publics et la promotion de l’intégration de la langue française. La proposition de garderie s’aligne sur cette approche en donnant la priorité à l’accès à un service financé par l’État pour les résidents permanents et les autres résidents établis.
Qu’est-ce que le Programme Expérience Québec et pourquoi est-il pertinent?
Le Programme de l’expérience québécoise, ou PEQ, est une voie d’accès à la résidence permanente pour les étudiants internationaux et les travailleurs étrangers temporaires admissibles. Le Québec a récemment annoncé sa réouverture après des mois d’incertitude, soulignant les efforts de la province pour équilibrer les contrôles d’immigration avec la nécessité de retenir les travailleurs qualifiés et les diplômés.









