Les mesures en matière d’immigration restent dans le projet de loi C-12 malgré la demande de suppression


Sur cette page vous trouverez :

  • Pourquoi les sénateurs ont conservé les mesures d’immigration dans le projet de loi C-12
  • Principales préoccupations soulevées par la commission sénatoriale des affaires sociales
  • Détails de la règle d’un an pour demander le statut de réfugié
  • Nouveaux pouvoirs du gouvernement sur les documents d’immigration
  • Que se passe-t-il ensuite dans le processus législatif

Les sénateurs du comité de sécurité nationale ont approuvé les mesures d’immigration contenues dans le projet de loi C-12 sans amendement, malgré le fait qu’un comité sénatorial distinct ait demandé leur suppression complète.

La décision maintient intactes les parties 5 à 8 de la législation frontalière du gouvernement. Ces sections traitent du partage d’informations, des réformes du système d’asile, des nouveaux pouvoirs sur les documents d’immigration et des nouvelles règles d’inéligibilité pour les demandes de statut de réfugié.

Le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie avait recommandé de supprimer entièrement ces articles après avoir entendu 35 témoins et examiné 36 mémoires. Beaucoup ont averti que ces mesures pourraient porter atteinte aux droits de l’homme, à l’équité procédurale et à la protection de la vie privée.

Cependant, le comité de la sécurité nationale, qui détient le pouvoir d’amendement, a rejeté les modifications proposées et a approuvé le projet de loi tel que rédigé par la Chambre des communes.

Le gouvernement défend des mesures d’asile plus strictes

Le sénateur indépendant Tony Dean a lu une lettre du ministre de la Sécurité publique Gary Anandasangaree et de la ministre de l’Immigration Lena Diab défendant le projet de loi.

La lettre mettait l’accent sur le soutien bipartisan, notant que seul un petit nombre de députés avaient voté contre le projet de loi. Il cite également les commentaires du premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, appelant à une adoption rapide après que des extorsionnistes présumés ont déposé des demandes d’asile dans la province.

Selon les ministres, les demandes d’asile ont diminué d’un tiers en 2025 par rapport à 2024. Ils ont affirmé que des mesures supplémentaires étaient nécessaires pour décourager l’utilisation abusive du système, d’autant plus que le gouvernement envisage de réduire le volume des visas temporaires.

Sursis d’un an en vertu de la règle relative aux demandes de statut de réfugié

L’une des dispositions les plus controversées reste inchangée. Le projet de loi C-12 interdit aux individus de déposer une demande d’asile auprès de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié si plus d’un an s’est écoulé depuis leur première entrée au Canada après le 24 juin 2020.

La règle s’appliquerait rétroactivement.

Diab avait précédemment déclaré aux sénateurs que 37 % des demandes d’asile déposées entre le 3 juin et le 31 octobre 2025 seraient rejetées en vertu de cette mesure, soit environ 19 000 sur 50 000 demandes.

Des témoins ont averti que cette règle pourrait nuire aux personnes vulnérables, notamment :

  • Enfants amenés au Canada en bas âge
  • Des personnes fuyant la violence domestique
  • Membres de la communauté 2SLGBTQI+
  • Individus originaires de pays en conflit ou sous moratoire sur les expulsions

Les critiques ont soutenu que le moment de l’entrée n’a aucun lien avec la légitimité d’une demande d’asile. Ils ont également exprimé leurs inquiétudes quant au fait que les demandeurs inadmissibles n’auraient accès qu’à une évaluation des risques avant renvoi sur papier au lieu d’une audience complète devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié.

La commission des affaires sociales a recommandé d’augmenter la période d’inéligibilité à cinq ans à compter de la dernière entrée et de supprimer les dispositions rétroactives. Le sénateur ontarien Mohammad Al Zaibak a proposé une règle de trois ans liée à l’entrée la plus récente. Les deux propositions ont été rejetées.

Un amendement visant à exempter les mineurs arrivés pour la première fois avec leurs parents a également échoué.

Pouvoirs élargis « d’intérêt public »

La partie 7 du projet de loi donne au Cabinet le pouvoir d’annuler, de suspendre ou de modifier les documents d’immigration dans « l’intérêt public ». Cela pourrait inclure des visas de résident permanent et des cartes de résident permanent.

La Chambre des communes a défini l’intérêt public au sens large pour inclure la fraude, les erreurs administratives, la santé publique, la sécurité publique et la sécurité nationale.

Al Zaibak a proposé de restreindre la définition aux erreurs administratives uniquement. Les sénateurs ont rejeté l’amendement et ont conservé le langage plus large.

Un amendement distinct visant à renforcer le contrôle parlementaire de ces pouvoirs a également été rejeté. Le projet de loi exige la publication dans la Gazette du Canada indiquant qui est concerné et pourquoi, mais les critiques affirment que cela ne permet pas un examen approfondi.

Problèmes de partage d’informations

La partie 5 introduit un nouveau régime de partage d’informations en vertu de la Loi sur le ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration.

Des témoins ont exprimé leurs inquiétudes concernant :

  • Échanges de données entre entités fédérales, provinciales et étrangères
  • Risques pour la vie privée et la confidentialité
  • Déni de service potentiel
  • Application du régime aux résidents permanents et aux citoyens naturalisés

La commission des affaires sociales a recommandé d’exclure les résidents permanents et les citoyens du régime et d’exiger un examen par le commissaire à la protection de la vie privée. Ces recommandations n’ont pas été adoptées.

Débat sur les droits de l’homme et le contrôle

Des groupes de la société civile, dont l’Association du Barreau canadien et Amnesty International, ont averti que les parties 5 à 8 pourraient créer un système d’asile à deux vitesses et compromettre une procédure régulière.

Des témoins ont également réclamé une clause de temporisation et un examen parlementaire obligatoire, citant les implications potentielles de la Charte et les obligations internationales du Canada en matière de droits de la personne.

La commission des affaires sociales a formellement recommandé de supprimer intégralement les parties 5 à 8. Cependant, comme il ne détenait pas le pouvoir d’amendement, la décision finale revenait au comité de sécurité nationale.

Que se passe-t-il ensuite ?

Le projet de loi C-12 doit faire l’objet d’un vote en deuxième lecture le 26 février. Le projet de loi pourrait encore faire l’objet d’un débat au Sénat, mais dans l’état actuel des choses, les mesures d’immigration restent intactes.

Si elle est adoptée sans changement, la loi remodèlerait considérablement le processus d’asile au Canada, élargirait le pouvoir exécutif sur les documents d’immigration et introduirait de nouveaux pouvoirs de partage d’informations au sein du gouvernement.


FAQ

Qu’est-ce que le projet de loi C-12?

Le projet de loi C-12 est une loi fédérale visant à renforcer la sécurité frontalière et le système d’immigration du Canada. Il comprend des mesures sur le partage d’informations, l’éligibilité des demandes d’asile, les pouvoirs d’annulation de documents et de nouvelles règles d’inéligibilité pour les demandes d’asile.

Quelle est la règle d’un an pour demander le statut de réfugié ?

Le projet de loi rend les demandes de statut de réfugié inéligibles si plus d’un an s’est écoulé depuis qu’une personne est entrée pour la première fois au Canada après le 24 juin 2020. Cette règle s’applique rétroactivement et affecte les demandes présentées à compter du 3 juin 2025.

Qu’arrive-t-il aux demandeurs d’asile non admissibles ?

Les personnes jugées inadmissibles ne bénéficieraient pas d’une audience complète devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié. Au lieu de cela, ils seraient soumis à une évaluation des risques avant renvoi sur papier menée par les agents de l’immigration, avec un recours limité au contrôle judiciaire.

Quels sont les nouveaux pouvoirs d’intérêt public ?

Le projet de loi C-12 permet au Cabinet d’annuler, de suspendre ou de modifier des documents d’immigration dans l’intérêt public. La définition inclut la fraude, les erreurs administratives, la santé publique, la sécurité publique et la sécurité nationale, et s’applique largement.

Un comité sénatorial s’est-il opposé à ces mesures ?

Oui. La commission sénatoriale des affaires sociales a recommandé de supprimer entièrement les parties 5 à 8 après avoir entendu des préoccupations concernant les droits de l’homme, la vie privée et la procédure régulière. Cependant, la commission de la sécurité nationale a rejeté les amendements et a approuvé les mesures sans modification.



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