Sur cette page, vous trouverez
- Comment la population latino-américaine du Canada a augmenté
- Le passage du réfugié à l’immigration économique
- Où vivent les communautés latino-américaines au Canada
- Résultats en matière d’éducation et d’emploi
- Les défis du logement et de l’inclusion sociale
- Ce que les résultats signifient pour l’immigration canadienne
La population latino-américaine du Canada a presque triplé au cours des deux dernières décennies, l’immigration économique remplaçant l’admission des réfugiés comme voie dominante pour les nouveaux arrivants.
Un nouveau rapport de Statistique Canada souligne à quel point les modèles d’immigration ont changé considérablement depuis les années 1980, les immigrants latino-américains d’aujourd’hui étant plus susceptibles d’arriver grâce à des programmes pour travailleurs qualifiés, de posséder des diplômes universitaires et de contribuer au marché du travail canadien.
Le rapport, basé sur les données du recensement de 2021, identifie également les défis persistants, notamment des taux plus élevés de surqualification, des problèmes d’abordabilité du logement et des expériences de discrimination.
La population latino-américaine a presque triplé
Statistique Canada a rapporté que 726 820 personnes se sont identifiées comme latino-américaines au Canada en 2021, ce qui représente 2,0 % de la population du pays.
Cela se compare à 251 585 personnes, soit 0,9 pour cent de la population, en 2001.
Plus du quart (27,8 pour cent) des Latino-Américains au Canada sont nés au Canada. Le Mexique représentait 13,2 pour cent de la population, tandis que la Colombie était le plus grand pays de naissance d’Amérique du Sud avec 12,9 pour cent, suivie du Brésil avec 7,4 pour cent.
L’immigration économique domine désormais
L’une des conclusions les plus claires du rapport est la transformation des voies d’immigration.
Au cours des années 1980 et au début des années 1990, la plupart des immigrants latino-américains sont arrivés au Canada en tant que réfugiés, reflétant l’instabilité politique et les conflits dans plusieurs pays d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud.
Mais depuis les années 2000, l’immigration économique est devenue la principale voie d’accès.
La tendance varie selon le pays d’origine.
Près des trois quarts (72,0 pour cent) des immigrants brésiliens et 60,6 pour cent des immigrants vénézuéliens sont entrés au Canada dans le cadre de programmes d’immigration économique.
Les Mexicains se répartissaient principalement entre l’immigration économique (41,6 pour cent) et le parrainage familial (36,9 pour cent).
En revanche, 71,3 pour cent des Centraméricains arrivés dans les années 80 et au début des années 90 sont venus en tant que réfugiés. Depuis le milieu des années 1990, les admissions sont devenues beaucoup plus équilibrées entre les catégories économiques, familiales et de réfugiés.
L’Ontario demeure la principale destination
L’Ontario continue d’attirer la plus grande proportion de Latino-Américains, avec 42,9 pour cent de la population vivant dans la province.
Le Québec arrive au deuxième rang avec 28,9 pour cent, suivi de la Colombie-Britannique avec 12,1 pour cent et de l’Alberta avec 11,3 pour cent.
Les modèles d’établissement diffèrent selon le pays de naissance.
Les trois quarts des Latino-Américains nés en Équateur vivent en Ontario, tandis que le Québec attire la plus grande proportion d’immigrants de la République dominicaine, du Pérou et de la Colombie. La Colombie-Britannique compte de fortes communautés mexicaines et brésiliennes, tandis que l’Alberta est devenue une destination importante pour les Vénézuéliens.
Une population jeune et très instruite
Les Latino-Américains représentent une population relativement jeune au Canada.
Plus de la moitié (51,1 pour cent) étaient âgés de 25 à 54 ans en 2021, comparativement à 37,4 pour cent de la population non racialisée et non autochtone.
Le niveau d’éducation est également élevé.
Parmi les Latino-Américains âgés de 25 à 54 ans :
- 42,1 pour cent détenaient un baccalauréat ou plus.
- Ce chiffre atteint 53,6 pour cent parmi les personnes nées en Amérique du Sud.
- Les immigrants récents admis entre 2016 et 2021 étaient particulièrement instruits, 60,7 % d’entre eux étant titulaires d’au moins un baccalauréat.
Les résultats reflètent la dépendance croissante du Canada à l’égard des programmes d’immigration qualifiés, qui mettent davantage l’accent sur l’éducation et les qualifications professionnelles.
Les travailleurs qualifiés sont toujours confrontés à des obstacles à l’emploi
Malgré un niveau d’éducation élevé, de nombreux Latino-Américains ont du mal à trouver un emploi correspondant à leurs qualifications.
Parmi les titulaires d’un diplôme âgés de 25 à 54 ans qui ont travaillé en 2020 ou 2021, 21,8 pour cent étaient considérés comme surqualifiés pour leur emploi, ce qui signifie qu’ils exerçaient des professions n’exigeant pas plus qu’un diplôme d’études secondaires.
Cela se compare à 10,4 pour cent parmi la population non racialisée et non autochtone.
Ce défi touche davantage les femmes que les hommes et demeure évident même parmi celles qui ont obtenu leur diplôme universitaire au Canada.
Les problèmes de logement persistent
L’abordabilité du logement demeure un autre problème important.
Seulement 59,8 pour cent des Latino-Américains vivaient dans un logement considéré comme acceptable selon les normes de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, contre 78,3 pour cent de la population non racialisée et non autochtone.
L’écart était particulièrement prononcé à Toronto et à Vancouver, où les coûts du logement demeurent parmi les plus élevés au Canada.
Les expériences de discrimination affectent le bien-être
L’analyse de Statistique Canada a également examiné l’inclusion sociale.
Selon l’Enquête sociale générale de 2020, 44,7 pour cent des Latino-Américains ont déclaré avoir été victimes de discrimination au cours des six années précédant 2021.
Les raisons les plus courantes étaient la langue, l’origine ethnique ou la culture, ainsi que la race ou la couleur.
Ceux qui ont été victimes de discrimination étaient significativement moins susceptibles de faire état d’une grande satisfaction dans la vie et plus susceptibles de faire état d’un sentiment d’appartenance plus faible au sein de leurs communautés locales.
Ce que signifient les résultats
Le rapport souligne l’évolution du système d’immigration du Canada au cours des dernières décennies.
L’immigration latino-américaine est passée des admissions humanitaires à l’immigration économique, attirant un nombre croissant de travailleurs hautement instruits sur le marché du travail canadien.
Dans le même temps, les résultats suggèrent que les décideurs politiques ont encore du mal à aider les professionnels formés à l’étranger à utiliser pleinement leurs compétences tout en améliorant l’abordabilité du logement et en renforçant l’inclusion sociale des communautés de nouveaux arrivants en pleine croissance.
Foire aux questions
Quelle est la taille de la population latino-américaine du Canada?
En 2021, 726 820 personnes se sont identifiées comme latino-américaines, ce qui représente 2,0 % de la population totale du Canada. La taille de la communauté a presque triplé depuis 2001, ce qui en fait l’un des groupes de population racialisée dont la croissance est la plus rapide au Canada. Plus du quart des Latino-Américains au Canada sont nés dans ce pays.
Comment l’immigration latino-américaine au Canada a-t-elle changé ?
Le changement le plus important s’est produit des admissions de réfugiés vers l’immigration économique. Alors que les réfugiés dominaient les arrivées dans les années 1980 et au début des années 1990, les programmes destinés aux travailleurs qualifiés sont devenus la principale voie d’accès depuis les années 2000. Le parrainage familial demeure également une voie d’immigration importante pour de nombreux nouveaux arrivants.
Quelles provinces ont les plus grandes communautés latino-américaines ?
L’Ontario compte la plus grande population latino-américaine, suivi du Québec, de la Colombie-Britannique et de l’Alberta. Cependant, les modèles d’établissement diffèrent selon le pays d’origine, certains groupes nationaux se concentrant dans des provinces particulières en fonction des opportunités d’emploi, des liens familiaux et des communautés établies.
Les immigrants latino-américains sont-ils très instruits ?
Oui. Plus de deux Latino-Américains sur cinq âgés de 25 à 54 ans sont titulaires d’un baccalauréat ou d’un diplôme supérieur, et les immigrants récents sont encore plus instruits. Les programmes d’immigration économique du Canada sélectionnent de plus en plus les candidats en fonction de leur éducation, de leur expérience de travail et de leurs compétences linguistiques.
À quels défis les Latino-Américains sont-ils confrontés après leur arrivée au Canada ?
De nombreux Latino-Américains très instruits restent surqualifiés pour leur emploi malgré de solides qualifications. L’abordabilité du logement présente également des défis, en particulier dans les grandes villes. En outre, beaucoup déclarent être victimes de discrimination, qui est liée à une moindre satisfaction dans la vie et à un plus faible sentiment d’appartenance à la communauté.









